Vie locale

Longperrier ► Bruits, dégradations, insultes : les locataires de la résidence de l’Abbaye excédés

Les habitants de la résidence de l’Abbaye, rue de Maincourt à Longperrier, n’en peuvent plus. Depuis plus d’un an, leur quotidien est rythmé par le tapage, les dégradations, les incivilités et les insultes venant d’un groupe de jeunes stationné sous leurs fenêtres. Témoignages.

Chaque soir, sur le parking de l’ensemble immobilier, le même rituel se produit : musique à fond, cris, rires, odeurs de cigarette ou de « shit ». Au réveil, les locataires constatent les mêmes débris des « soirées alcoolisées » : bouteilles de whisky, canettes de bière, restes de fast-food, mégôts, odeurs d’urine…

Assise sur un banc avec ses voisins au pied des immeubles, Nadine raconte : « Il s’agit d’une bande de jeunes, âgés de 16 à 25 ans . Ils sont dans leurs voitures, la vitre ouverte et le volume de l’autoradio au maximum. Les nuisances durent souvent jusqu’à 23 heures et, certaines nuits jusqu’à deux heures du matin ».

Isabelle qui vit au rez-de-chaussée d’un bâtiment se souvient : « J’ai retrouvé des sacs poubelle éventrés sur ma terrasse ». Elle montre ensuite sur son smartphone les photos des bacs à ordure renversés, retrouvés quelques jours après. Toutes les tentatives de dialogue avec les responsables des « incivilités » ont systématiquement fait l’objet d’insultes et de menaces de leur part.

« T’as qu’à appeler les gendarmes »

Les locataires ont l’impression d’être des laissés pour compte face à des individus qui, selon leurs propres mots, « font la loi » dans le quartier.

« T’as qu’à appeler les gendarmes » répondent parfois les gêneurs quand les habitants de la résidence demandent qu’on respecte leur tranquillité.

Yannick tempête : « Ils n’ont même pas peur des gendarmes. Nous les avons appelés. La patrouille arrive au bout de trois quarts d’heure. Les militaires discutent avec eux et s’en vont. Puis, le bruit recommence ».

« Il n’y a jamais aucune amende, aucune arrestation, pourtant, ils ont des bouteilles d’alcool sur eux » s’étonne Pascal.

Isabelle a également écrit au bailleur social, Foyer de Seine-et-Marne, et s’est plainte aux élus. Chaque interlocuteur s’est « renvoyé la balle » et n’a pu apporter une solution concrète. « Le maire nous dit que le parking est du domaine privé et le gestionnaire prétend ne pas en être le propriétaire. On s’est juste contenté de poser un spot lumineux, allumé toute la nuit pour soi-disant sécuriser le parking » tonne Pascal. Pour éviter les squats et les détériorations, le parking souterrain a été condamné mais la décision prive les locataires de places de stationnement.

Un cadre de vie qui se dégrade

« Les jeunes semblent livrés à eux-mêmes. C’est la faute des parents » analyse Pascal. Son épouse, Yannick, a aperçu, jeudi 23 mars, des adolescents jouer au ballon sur le toit de l’ancienne cantine. « Ils ont escaladé la grille » assure t-elle, photos à l’appui. Arracher les rétroviseurs des voitures, dégonfler les pneus et rayer les carrosseries seraient devenus depuis peu un nouveau jeu. Nadine, qui est arrivée à Longperrier il y a dix-huit ans, ne reconnaît plus son village.

Au sein des immeubles, l’omerta règne. Par « peur des représailles », les témoignages se font à visage couvert. « J’ai fait circuler une pétition mais peu de gens ont voulu la signer » indique Isabelle, résignée. Les victimes craignent que la situation empire avec l’arrivée de l’été. Beaucoup d’entre eux envisagent de quitter la commune si rien ne s’améliore.

Le maire réagit

Contacté par Magjournal, le maire, Michel Mouton, déclare : « J’ai écrit au propriétaire du parking pour qu’il autorise les gendarmes à y pénétrer. Les patrouilles ont été renforcées ». La municipalité réfléchit également à faire entrer le terrain dans le domaine communal ; ainsi les gendarmes pourraient y entrer d’office, contrairement au domaine privé. Par ailleurs, le maire a annoncé l’interpellation de quatre adolescents surpris en train de jouer sur le toit de l’école.

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Sun-Lay Tan

2 Commentaires

  1. Doyelkr
    4 avril 2017 at 10 h 04 min — Répondre

    Merci beaucoup pour cette article en espérant qu’il va nous aider à avoir un peu de tranquillité.

  2. Josette
    11 avril 2017 at 19 h 50 min — Répondre

    J ai vécu dans ce village. J y suis parti il y a 7 ans le calme régnait.

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