Vie locale

Chanteloup-en-Brie ► Expo photo ce week-end : carte blanche à la créativité

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Le service culturel de Chanteloup-en-Brie propose une première expo photos sur le thème de la libre créativité, samedi 22 et dimanche 23 octobre.

Salle Van Dongen pour l’expo photo, neuf photographes livrent leurs regards sur le spectacle, le mouvement, la nature, l’urbex (exploration de sites désaffectés), la rue et les signes.

Photographe de l’instant

Vous pensiez que la photo argentique noir et blanc ne présentait plus aucun intérêt ? Erreur, le genre compte toujours de nombreux aficionados, parmi lesquels Patrick Chevalier, retraité Campésien de 67 ans. Ses photos, d’essence humaniste, témoignent d’une ambiance ou d’une émotion, croquées sur le vif et souvent fugaces, dans une large gamme de détails et de contrastes. « Il y a vingt-trois photos, courant de 2015 à 2016. Elles ont été prises au cours de mes flâneries à Paris, mais aussi à Bordeaux et dans le Périgord. J’ai commencé la photo argentique en 1973. Cartier-Bresson, Ronis, Doisneau me fascinent, tout comme la rue avec ses spectacles quotidiens et ses personnages extraordinaires. Je fais tout, de la prise de vues à l’encadrement, en passant par le travail de labo ». Patrick cherche d’ailleurs un nouveau local dans les environs pour développer ses photos. Sa prochaine exposition aura lieu dans l’ancien presbytère, à Champs-sur-Marne, du 14 au 26 novembre après-midi, sauf le dimanche.

Décrire les couleurs en noir et blanc

Béatrice Thiébaut voue également une grande passion pour le noir et blanc. Elle réside à Gouvernes et pratique la photo depuis 1970. Au cours d’une balade en baie de Somme, elle est tombée amoureuse de ses paysages qu’elle restitue admirablement en dix photos empreintes d’une grande poésie. « C’est la région la plus proche où l’on peut trouver la mer et c’est intéressant parce qu’il y a des couleurs, des reflets. Même si mes photos sont en noir et blanc, la lumière est changeante et c’est magnifique ». Ses photos numériques ressemblent à s’y méprendre à des dessins au fusain. A l’inverse de Patrick, elle ne travaille qu’en numérique mais avoue ajouter un peu de grain avec l’ordinateur pour simuler la pellicule argentique.

Éternelles complémentarités

Originaire de Pontivy (Morbihan), Patrice-Alphonse Le Bihan, 63 ans, réside à Paris. Il expose deux séries de huit photos chacune, mêlant subtilement noir et blanc et couleur.  L’une sur les eaux vives et les eaux mortes prises à Chicago (USA), l’autre sur les vieux cimetières de Paris avec pour thème l’âme mise à nue. « Les enfants jouent autour des grandes fontaines et, au-dessus d’eux, les grands réservoirs d’eau retenue. Eaux vives, eaux mortes, la vie, la mort, la couleur, le noir et blanc… tout se mêle » commente l’artiste qui reconnaît n’avoir que des activités de passion.

Urbex et imago

Les œuvres du Buxangeorgien Philippe Vercelot, 62 ans, ne manqueront pas d’interpeller le visiteur par leur côté étrange et insolite. « C’est un univers particulier, fruit d’un travail à deux : le mien et celui de mon modèle. Il y a une série translation qui joue sur la transparence du corps, sa duplication ou son intégration dans un décor industriel ou d’urbex. Dans la série imago, ce sont des photos où l’on voit le corps muer. J’ai aussi une petite série prise dans une morgue désaffectée où il y a superposition de deux images du même modèle, à deux moments différents ». Il reconnaît que le travail de labo numérique est pour lui un vrai plaisir. « Je ne suis pas un très bon photographe. C’est après, devant l’écran, que je m’éclate vraiment ».

Les mots du silence

Jennifer Lescouët, 29 ans, est devenue sourde à l’âge de 8 ans. La jeune Campésienne manifeste très vite un vif intérêt pour la photographie, art visuel par excellence pour exprimer et donc se faire entendre. « Pendant longtemps, la surdité a été un sujet délicat à aborder et accepter en France. La langue des signes française a ouvert les portes de la communication à tout un monde silencieux. Avec ma série sur les mots du silence, j’ai marié le temps de pose et le flash. Chaque personnage fait passer un message et j’ai choisi le noir et blanc pour restituer leur force de conviction, mais aussi pour l’aspect artistique de l’image ».

Samedi 22 et dimanche 23 octobre, de 10 à 13 heures et de 14 à 18 heures, salle Van Dongen. Entrée gratuite.

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Serge Moroy

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