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Idées de lecture ► Même si tout se réduit en cendres, il en restera toujours quelque chose

Les vies ont un fil conducteur mais parfois celui-ci s’emmêle et se démêle. Ente grisaille, dureté, douceur et éclaircies, voici encore des idées de lecture qui peuvent tout à fait combler des vacances au coin du feu.

« La Métallo »

L’ouvrage est fort, vrai où la vie de l’usine donne quelques frissons par sa dureté mais mérite un large coup de chapeau pour les valeurs morales, la dureté du labeur mais aussi le vrai respect des ouvriers. La vie est simple mais d’une grande dignité où chacun avait sa place. Suite à la mort de son mari, Yvonnick Le Bihan va retrousser les manches pour garder son logement social et accepte de remplacer son homme à la forge. Elle se fait une place, s’émancipe et prend même du plaisir dans le travail difficile. Mai 68 vient freiner ses ardeurs et les promesses politiques ne suivront pas.

Catherine Ecole-Boivin, 325 pages, 19,50 euros, paru le 4 octobre, Albin Michel.

« Dernière journée sur terre »

Un livre de nouvelles donne toujours un côté punchy à la suite d’histoires au nombre de 9. Mais là il y aussi du neuf dans l’originalité qui traite de la famille par un prisme très décalé. Ce qui est fort dans l’écriture d’Eric Puchner c’est que le fil conducteur n’est jamais rompu et que chaque petite histoire amène sans cesse et jusqu’à la dernière ligne une candeur, une légèreté mais un côté grave aussi qui emmène le lecteur par la main dans des contrées où l’absurde et le côté bien crotté de la vie arrive à retomber sur ses pattes comme un chien errant fou de liberté.

Eric Puchner, 269 pages, 22,50 euros, paru le 11 octobre, Albin Michel, Collection Terres d’Amérique.

« Une semaine sur deux (ou presque) »

Voici un premier roman étonnant dans le fond et dans la forme. Sabrina Marchese semble prendre un malin plaisir à se balader dans la vie de la trentenaire en racontant au jour le jour des petits fragments d’une réflexion amusante, décalée qui touche parfois au sublime mais aussi à l’enfer dans la famille recomposée où il faut jongler en permanence avec la vie qui fuit, s’échappe, revient et forme un semblant d’harmonie. C’est léger mais étonnant. La plume s’envole au fil de petits chapitres qui n’en sont pas en fin de compte et prennent juste par la main pour conduire vers un avenir incertain et toujours remis en cause.

Sabrina Marchese, 281 pages, 18 euros, paru le 4 octobre, Albin Michel.

« Le village en cendres »

Comment reconstruire un monde disparu ? C’est le pari de l’auteur qui a choisi de redonner vie à son village balayé comme tant d’autre. Le beau livre, traduit pour la première fois en français montre toutes les beautés mais aussi les contradictions de la Chine. On y frôle les esprits mais aussi le magique, le merveilleux malgré une rudesse de vie fort bien détaillée dans l’admirable ouvrage délicatement imprégné de la culture croisant le fer entre petite et grande Histoire.

Shen Fuyu, 284 pages, 20 euros, paru le 4 octobre, Albin Michel.

 

 

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