Vie locale

Longperrier ► Soixante-sept migrants mineurs hébergés dans la commune

Longperrier accueille soixante-sept migrants mineurs. Pris en charge par l’association Empreintes, les jeunes sont placés à l’hôtel Les Cottages, rue de la Belle-Etoile. Le maire déplore être mis « devant le fait accompli ».

La décision d’héberger de jeunes migrants par l’intermédiaire de l’association Empreintes a été signée au mois d’avril par le Département. Les jeunes auraient dû arriver à Longperrier mercredi 16 mai, mais la décision semblait avoir été suspendue. Finalement, un premier groupe a été conduit à l’hôtel Les Cottages, mercredi 23 mai au matin, puis un autre, jeudi 24, et un troisième, vendredi 25. Au total, ils seront soixante-sept à loger dans les chambres de l’hôtel dont le propriétaire n’habite pas dans la commune.

Le maire de la ville, Michel Mouton, espérait que la décision du Département allait changer, en vain. Il explique : « On m’a dit que les jeunes n’allaient pas rester longtemps, sans doute jusqu’en septembre. Le propriétaire loue ainsi le site aux organismes qui placent les réfugiés sans abri ». 

Des familles de migrants sont déjà hébergées à l’hôtel Lemon, via le Samusocial qui répond aux demandes d’hébergement d’urgence. Pour les adultes isolés ou les familles, les placements sont entérinés par la préfecture. Michel Mouton précise : « Nous avons une trentaine d’enfants de familles qui logent au Lemon. Selon les périodes, l’hôtel est occupé par cent à cent trente ou parfois cent cinquante familles. C’est une situation extrêmement difficile pour la commune qui, en outre, n’a plus de commerces, et de nombreuses caravanes de gens du voyage qui occupent l’ancien parking de Carrefour Market. Nous devons accueillir les enfants dans nos écoles et aux frais de la commune ». 

Pourtant, Michel Mouton ne sent ni isolé ni laissé pour compte. Le maire indique malgré tout se sentir « vraiment soutenu et pris en considération par le Département » mais pour lui, « il faut aussi que l’Etat arrête d’envoyer des réfugiés à Longperrier via le 115 Paris ou autre dispositifs » : « Je fais tout ce qu’il est humainement possible pour que la commune ne soit pas submergée par les problèmes d’augmentation de population, même temporaire, mais nous avons nos limites qui ne peuvent pas être repoussées à l’infini. Le Département a bien compris nos préoccupations et sait que ces temps derniers, nous avons cumulé les difficultés. Il a entendu mon appel et je me sens soutenu ». 

Les mineurs qui logeront aux Cottages sont pris en charge par l’association Empreinte dont le siège se trouve à Pontault-Combault. Celle-ci propose des dispositifs d’accueil pour des jeunes mineurs non accompagnés, âgés de 16 à 18 ans, et son action entre dans le cadre de la protection de l’enfance.

« L’orientation vers le service est décidée par la cellule MNA du Département, après évaluations effectuées en amont. Il s’agit de jeunes qui ont eu une vie faite de déplacements et de ruptures liés à une migration de leur pays d’origine pour divers motifs et se retrouvant seuls sur le territoire français » indique l’association.

La prise en charge des soixante-sept mineurs intervient à la suite de mois de tensions entre le maire de Paris et le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, concernant les campements dans la capitale. Anne Hidalgo réclame en effet une « mise à l’abri » pour les quelque 2 300 personnes qui y vivent dans des conditions « indignes ».

Le maire de Paris souhaite que l’Etat prenne le logement des réfugiés à sa charge. De son côté, l’Etat considère que « la Ville refuse de demander l’évacuation de son domaine public et déclare avoir, par conséquent, demandé au préfet de police, « de pallier cette carence en vue de procéder à l’opération qui devra concilier « les exigences de la mise à l’abri et de l’application du droit des étrangers ». Ainsi il y aura bien des mises à l’abri voulues par la mairie, mais aussi des contrôles administratifs à l’occasion de l’évacuation.

Ainsi les jeunes sans abri isolés sont évacués des camps par groupes et logés temporairement « ailleurs » tandis que l’Etat prépare les prochaines évacuations.

 

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Hélène Rousseaux

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