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Claye-Souilly ► Magistrature : un métier à robes

Les juges ont des missions aussi diverses que variées et spécialisées. Exerçant dans les domaines du pénal, à l'instruction, au siège, pour la famille... ils ont le choix du costume, ou plutôt de la robe... Rencontre avec deux femmes juges.

La conférence sur les métiers de la magistrature a réuni une quarantaine de participants, dimanche 4 février, à la médiathèque de Claye-Souilly. L’initiative entrait dans le cadre de la fête du livre consacrée au polar.

Les conférencières ont souhaité conserver l'anonymat. Elles sont trentenaires et magistrates : l’une est juge d’instruction au tribunal de grande instance de Paris, l’autre est juge des enfants au tribunal de grande instance d’Evry (Essonne). Toutes deux sont membres de l’AJM (Association des jeunes magistrats), mouvement apolitique et asyndical créé en septembre 2007, suite à l’affaire d’Outreau (Pas-de-Calais), en faveur d’une justice de qualité. L’AJM vise quatre types d’action : une veille sur la formation dispensée à l’ENM (École nationale de la magistrature) de Bordeaux (Gironde), un accompagnement des jeunes magistrats sortant de l'école, une réflexion et des débats autour des pratiques quotidiennes et des réformes de la justice, une meilleure communication et éducation civique sur la justice.

Au cœur du pénal, le juge d'instruction

Il existe deux grands types d’enquête pénale : celle dirigée par le procureur de la République et celle conduite par le juge d’instruction. Si cette dernière représente seulement 5 % des enquêtes, elle concerne les dossiers les plus graves. Le procureur de la République met en mouvement l’action publique. A la base, ce sont la police ou la gendarmerie qui agissent, soit sous l’autorité du procureur, soit sur commission d’un juge d’instruction.

En région parisienne, un juge d’instruction tourne en moyenne avec une centaine de dossiers par cabinet. « Le juge d’instruction interroge la personne mise en cause, auditionne les victimes et les témoins, désigne les experts, ordonne des perquisitions, des saisies, des écoutes téléphoniques, procède à des reconstitutions » indique le juge du TGI de Paris. Un particulier peut également saisir un juge d’instruction « sur plainte avec constitution de partie civile ». Le juge d’instruction travaille en binôme avec le greffier. « C’est une équipe, on ne peut pas travailler l’un sans l’autre. La magistrature, c’est avant tout un métier fondé sur de l’humain » souligne-t-elle. Une série TV, « Engrenages », illustre assez bien, selon elle, le fonctionnement de la justice pénale, « même s’il y a quelques libertés de procédure prises par le juge Roban ».

La double casquette du juge des enfants

Spécialisé dans les problèmes de l’enfance et de l’adolescence, le juge des enfants a une double attribution : celle de protéger les mineurs en danger en leur fournissant une assistance éducative, mais aussi de juger les mineurs délinquants. « Je suis assistée de deux assesseurs qui ne sont pas des magistrats professionnels, mais disposent de compétences en matière d’enfance. J’ai également un greffier afin de travailler plus efficacement » précise le juge des enfants du TGI d’Evry.

Il intervient en cour d’assises pour les crimes commis par des mineurs de plus de seize ans, mais uniquement comme assesseur. En revanche, c'est lui qui présidera l’audience dès lors que le crime aura été perpétré par un mineur de moins de seize ans.

Quel cursus ?

Il n'y a pas de numerus clausus pour être magistrat. Un attrait pour le droit, bien sûr, mais surtout un master II (Bac + 5) sont fortement recommandés pour intégrer une école préparatoire (Institut d’études judiciaires), qui mènera le candidat au concours d’admission à l’ENM. Une fois admis, il suivra une formation de deux ans et demi, composée à la fois de théorie (8 mois) et de stages pratiques. Les magistrats peuvent prendre dans leur cabinet des stagiaires à partir de la classe de troisième. Il faut adresser une demande au secrétariat du tribunal de la juridiction.

Les deux magistrates préconisent la lecture de trois livres : « D'autres vies que la mienne », d'Emmanuel Carrère, sur le quotidien de deux juges d'instance, « La juge de trente ans », de Céline Roux, et enfin « L'intérêt de l’enfant », d'Ian McEwan, qui évoque le métier d’un juge aux affaires familiales en Angleterre.

 

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Publié dansVie locale

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