Claye-Souilly ► Lucie s’appelait « Eve » et transportait des armes pendant la Résistance : elle se souvient [Vidéo]

de gauche à droite, Lucie, Nicole, amie et ancienne collègue de travail, et Eric de gauche à droite, Lucie, Nicole, amie et ancienne collègue de travail, et Eric

 

Lucie s’appelait « Eve » pendant la Résistance. La pensionnaire de la résidence de Diane, à Claye-Souilly, samedi 8 mai, a raconté ses souvenirs de la dernière guerre. Rencontre.

Lucie, 95 ans, était loin des commémorations du 8 mai, samedi. Pourtant, quand on lui parle de la guerre, les souvenirs de la résidente depuis un an à la maison de retraite, la résidence de Diane, refont surface. Malgré les années, les images sont clairs et limpides, presque comme si c’était hier.

https://youtu.be/3GKrmKYFd4I

Son fils, Eric, habitant de Lagny-sur-Marne, et son ancienne collègue de travail, Nicole, demeurant à Thorigny-sur-Marne, complètent les récits de Lucie qui a parfois un petit peu de mal à trouver ses mots. Cependant elle raconte avec une diction parfaite : « Mon nom de guerre était ‘Eve’. Le réseau nous faisait changer nos prénoms pour être moins reconnaissables… Je partais à vélo avec une amie et on transportait des lettres et des armes qu’on allait porter aux membres du réseau. Elle a eu moins de chance que moi, elle s’est faite arrêtée et a été envoyée en camp de concentration ».

Eric détaille : « Elles partaient à deux. La première ne transportait rien et la deuxième avait les armes, des mitraillettes, des pistolets… Elle passait en éclaireur et s’il y avait un barrage, la seconde devait se cacher ». 

Son père, chef de réseau

Lucie vivait alors dans le nord de la France. Son père, mineur polonais, avait passé la frontière en 1919. Lucie et sa famille s’étaient établies dans le Pas-de-Calais, à Avion.

L’ancienne résistante souligne : « A cette époque, je n’avais pas conscience du danger que la Résistance comportait. J’avais 20 ans… Mon père était le chef du réseau »… Aussi on allumait des feux pour que les parachutistes anglais descendent au bon endroit… C’était actif mais sans être dangereux. Peut-être que c’était difficile mais je me souviens que ça ne m’atteignait pas ». 

Lucie rit encore de la manière dont elle voyait les choses à l’époque.

Malgré sa participation active dans la résistance contre l’ennemi allemand, Lucie n’a pas pu recevoir sa carte d’ancien combattant. Du fait de son appartenance à un réseau polonais, les autorités françaises n’ont jamais voulu reconnaître les actes de Lucie pour la France.

Eric complète : « Mon grand-père a eu sa carte puisque lui a été reconnu comme chef de réseau donc il était difficile pour le gouvernement de faire autrement mais pour ma mère on a fait au moins trois demandes auprès du ministère et ça n’a jamais abouti ». 

Lucie continue : « Mes années dans la résistance sont de bons souvenirs. J’aimais ça moi ! On sentait qu’il y avait un risque mais on aimait ce risque et l’objectif me plaisait… Aujourd’hui, si j’étais plus jeune, je ne sais pas si je serais Gilet Jaune car ce sont des actions totalement différentes de ce que je faisais pendant la guerre. Ça ne ressemble pas à ce que je connaissais ».

Avant d’arriver à la résidence de Diane, Lucie, ancienne secrétaire de direction chez William Saurin, a vécu à Thorigny puis à Lagny.

Son fils souligne : « Chez elle, elle a eu des problèmes d’autonomie, elle tombait souvent. J’ai trouvé la résidence de Diane qui est formidable ». 

Lucie qui aime se pomponner et être bien coiffée embraye : « C’est l’esthéticienne qui me met du vernis à ongle. On a aussi une pédicure et une coiffeuse ». 

Et en riant encore, elle digresse : « Je ne trouve plus très bien mes mots. Avant, ça ne m’arrivait pas. Maintenant, je pense que je pourrais mieux parler polonais que français ! »

 

 

Dernière modification le mercredi, 12/06/2019

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