Saint-Mard ► Accueil des migrants : une réunion publique tendue

Les 200 migrants font polémique au cœur de Saint-Mard. La mairie a proposé une réunion publique sur le parvis de l'hôtel de ville, samedi 23 juillet.

La veille, 200 migrants ont été installés au gymnase des Pailleux réquisitionné par la préfecture. Samedi, la réunion était tendue et les habitants ont livré leurs sentiments quant à la situation imposée. Face au représentant de l'Etat, ils ont majoritairement exprimé leurs inquiétudes et leur courroux.

Le maire, Daniel Dometz, a expliqué la situation : "J'ai été mis devant le fait accompli. La décision m'a été imposée sans que je puisse dire quoi que ce soit. On a reçu le courrier jeudi à 10 h 30 et les bus, dont  l'arrivée était prévue le lendemain dans l'après-midi, sont arrivés le matin à 10 heures. J'aurais préféré avoir une semaine de plus pour tout préparer et prévenir la population".

Il a tenté de rassurer ses administrés : "Les gendarmes ont contrôlé tous les arrivants et fouillé leur sac pour vérifier s'il n'y avait pas d'armes" tout en réaffirmant son opposition : "J'ai été contre cette installation, je le suis toujours mais ce sont des êtres humains et nous devons les accueillir".

Le ton est monté au moment de la prise de parole du directeur départemental de la cohésion sociale, Philippe Sibeud. "La durée de leur séjour à Saint-Mard est d'un mois. Il s'agit du temps nécessaire pour traiter leurs dossiers et leur donner des papiers" a déclaré le représentant de l'Etat, cible de nombreuses attaques verbales et de huées.

Des craintes exprimées en colère
Les questions ont témoigné des inquiétudes et de la colère des habitants :"Qui paiera les factures d'électricité et d'eau ? Qui réparera les dégradations ? Pourquoi n'y a t-il que des hommes ? Comment assurer la sécurité des femmes contre les risques d'agression ? Comment surveiller les maisons dont les propriétaires partent en vacances ?". Les réponses n'ont pas semblé convaincre ni rassurer le public.

"Des patrouilles vont être renforcées" a indiqué l'adjudant David de la gendarmerie de Dammartin, sans pouvoir assurer le renforcement des effectifs. Pourtant, aucun cas de débordement ou de méfait n'aurait été recensé selon la gendarmerie. "Ils savent qu'au moindre délit, ils perdront toutes les chances d'avoir des papiers" a justifié le représentant des forces de l'ordre. Il a ajouté : "S'ils vont à Paris, c'est aussi, ne nous voilons pas la face, pour travailler au noir"...

"En ce qui concerne les femmes et les enfants, ils ont été séparés des pères et des hommes pour des raisons de sécurité" a précisé Daniel Dometz.

Une opposition quasi-unanime
Face à l'opposition quasi unanime à l'accueil des migrants, Agathe, une habitante du village, affiche une position "plutôt favorable" mais elle est "écœurée". Elle pointe du doigt les mots "négatifs" utilisés par le maire dans son communiqué : "Saint-Mard avait l'occasion de faire quelque chose de bien pour l'humanité. Finalement, on ne voit ici que des personnes égoïstes". La Mardochienne qui avait proposé la veille son aide poursuit : "Les bénévoles m'ont dit que je n'étais que la 4e personne à venir les voir sans hostilité".

Face à des accusations de paranoïa pour les uns et des reproches d'angélisme pour les autres, Martine est partagée : "La situation nous rend complètement schizophrènes. On a envie de les aider mais on a peur".

Le maire aurait reçu des menaces verbales, vendredi après-midi. Une élue raconte : "Il s'agissait d'un trentenaire au volant d'un 4x4 noir. Il a dit qu'il allait tout faire brûler et nous a montré des balles d'arme à feu".

Une première nuit plutôt calme
La première nuit se serait bien passée. Michel qui habite juste derrière le gymnase a entendu des migrants "chanter le soir" et les a vus "jouer au football en face".

D'autres habitants affirment en avoir vu vagabonder à Othis et Juilly, de nuit. "Les sorties sont pourtant interdites entre 23 heures et 6 heures du matin" a rappelé Arthur Anane, le directeur général de la Rose des vents, l'association chargée de gérer et d'encadrer l'accueil des migrants. Néanmoins, en journée, les réfugiés sont libres de circuler : "Ils peuvent prendre le train pour se rendre à Paris" a admis le représentant associatif provoquant sifflets et quolibets. "Et comment ils le paient leur billet ? Avec quel argent ?" a interpellé un participant.

Selon les organisations humanitaires, les migrants ne recevraient pas d'argent.

L'exemple de Lagny-sur-Marne
La ville de Lagny-sur-Marne a été confrontée à la même situation (lire notre article ici) . "Tout s'est bien passé" a confirmé Daniel Dometz qui a téléphoné à son homologue, Jean-Paul Michel. "Les rumeurs d'agression ou de vol ne sont que des légendes urbaines" a insisté le représentant de la gendarmerie.

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Saint-Mard ► Les migrants sont arrivés au gymnase ce matin

200 migrants sont arrivés à Saint-Mard, vendredi 22 juillet. Ils ont été installés au gymnase des Pailleux réquisitionné par la préfecture de Seine-et-Marne. Les habitants sont inquiets.

Les trois bus se sont garés devant le gymnase des Pailleux, vendredi matin. Ils sont arrivés aux environs de 10 heures et les passagers sont descendus un à un, chacun répertorié avant d'entrer dans le gymnase mardochien.

Le maire, Daniel Dometz, avait informé les  habitants la veille, annonçant qu'il avait reçu le jour-même "une réquisition pour l'accueil de 200 migrants malgré [sa] ferme opposition". La réquisition est valable un mois et l'opération est encadrée par l'association meldoise La Rose des Vents.

C'est une entreprise privée qui viendra surveiller le gymnase la nuit. Cinq gardiens seraient en permanence sur le site.

Contacté par magjournal, l'élu dénonce le manque de moyens logistiques et de temps : "Nous devons, en moins de 24 heures, tout mettre en place. Aucune information ne nous a été transmise."

Ce matin, à Saint-Mard, les migrants se plaignent en anglais : "It's too hot !" ("Il fait trop chaud !). Des packs d'eau leur sont distribués.

Les mines sont moroses car c'est vers l'Angleterre qu'ils veulent partir depuis Paris, et ils cherchent le moyen d'atteindre Calais dans un premier temps.

Sur place, des habitants sont venus voir et protester auprès des élus : "C'est un scandale ! " s'insurgent certains.

Originaires d'Erythrée, de Somalie et d'Afghanistan
Selon une source préfectorale, les réfugiés sont, pour la plupart, des hommes originaires d'Erythrée, de Somalie ou d'Afghanistan.

Ils s'étaient installés dans les Xe et XIXe arrondissements de Paris, sur le terre-plein en-dessous du métro aérien de la ligne 2, entre les stations Jaurès et Colonel-Fabien, et ont été évacués ce matin, à 6 h 30.

L'opération parisienne ne s'est d'ailleurs pas déroulée sans heurts. En effet, 2 500 personnes étaient rassemblées dans le campement, boulevard de La Villette, avant que 1 200 à 1 400 soient réparties dans des bus pour être conduites dans des gymnases réquisitionnés en périphérie de la capitale. "Les réquisitions se font toujours dans des communes avec une gare afin que les réfugiés puissent continuer à avoir accès à Paris, selon leur souhait" indiquent les associations qui viennent aider.

Une pétition en ligne : Plus 1000 signatures en 24 heures
L'installation des migrants suscite de nombreuses inquiétudes parmi les riverains. Une pétition qui a été lancée la veille sur le site change.org compte plus de 1000 signataires .

Sylvie habite à l'allée de l'Orme-Touzé, à quelques mètres du lieu d'accueil. Elle confie : "L'équipement est inadapté pour recevoir autant de personnes. Il y aura nécessairement des désagréments et des dégradations".

Son voisin, Jonathan, acquiesce et s'interroge sur les problèmes sanitaires et sur la sécurité : "Il n'y a que deux toilettes" fait-il remarquer. Mais pour Annie qui habite face au collège Georges-Brassens, "le gymnase est vide puisqu'il est principalement utilisé par les élèves et les clubs qui sont en vacances". Elle rappelle la situation difficile des réfugiés : "Ils fuient des guerres et des dictatures. Il faut se mettre à leur place."

Le maire a fait diffuser un communiqué. Voir le document ici.

Une réunion publique se déroulera demain, samedi 23 juillet, à 10 heures sur le parvis arrière de la mairie.

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Saint-Mard ► Le gymnase réquisitionné pour 200 migrants

La mairie de Saint-Mard vient de recevoir une réquisition pour accueillir 200 migrants.

La nouvelle est tombée aujourd'hui, jeudi 21 juillet. La mairie de Saint-Mard a reçu l'ordre d'accueillir des migrants qui viendraient d'un campement évacué en région parisienne. Ils seront hébergés au gymnase des Pailleux situé route de Rouvres.

La réquisition est valable un mois. L'encadrement est effectué par l'organisme La Rose des vents.

Dans un communiqué aux habitants, la mairie indique : "Restez vigilant, si vous constatez le moindre désagrément, rapprochez-vous immédiatement de la gendarmerie de Dammartin en Goële".

Lagny-sur-Marne ► Migrants : d'autres sont arrivés au gymnase

Une soixantaine de migrants est arrivée, mercredi 29 juin, à Lagny-sur-Marne. Ils viennent s'ajouter à ceux qui sont encore au gymnase Thierry Rey depuis leur installation, lundi 6 juin.

La nouvelle est tombée lors du conseil municipal, hier, jeudi 30 juin. Les nouveaux migrants qui ont été envoyés à Lagny, essentiellement Soudanais, Afghans et Éryhréens, proviendraient du campement de la halle Pajol (Paris 18e) qui a été évacuée, la veille en début de matinée, par les forces de l’ordre.

Le préfet de région, toujours pour des raisons sanitaires, aurait en effet décidé de répartir le millier de réfugiés du campement de la halle Pajol dans des centres d’hébergement et deux gymnases parisiens spécialement réquisitionnés pour la circonstance, ainsi que dans des villes limitrophes disposant de structures pour les accueillir. Le nombre de réfugiés provisoirement hébergés au gymnase Thierry Rey serait actuellement d’environ 150 individus.

La préfecture de Seine-et-Marne avait indiqué, lors de la première installation au gymnase, le 6 juin, qu'il s'agissait d'un hébergement tout au plus pour quinze jours. Or, la situation se prolonge. Lagny a été informée par la préfecture que la réquisition du gymnase Thierry-Rey était prorogée pour une durée de quinze jours, à compter du mardi 21 juin. Le maire, Jean-Paul Michel, indique : "c'est une décision sans surprise. Je l'avais d’ailleurs prédit lors de la réunion publique organisée à l’hôtel de ville le 7 juin (voir notre article du 10 juin ici). La réunion avait en fait révélé que, hormis quelques indécis, l’assistance, composée d’environ 260 habitants, était farouchement divisée en deux camps : ceux qui voulaient aider les 230 migrants arrivés la veille, le 6 juin, et ceux qui n’en voulaient pas dans leur ville.

Il en restait une centaine
Le nombre de réfugiés pris en charge par La Rose des Vents, association mandatée par le préfet pour s’en occuper, continue toutefois de baisser. Aujourd’hui, il reste une centaine de personnes à héberger de manière pérenne. Le 6 juin, 236 migrants étaient arrivés au gymnase suite à la décision du préfet de la région d'Ile-de-France d’ordonner, pour raisons sanitaires, l’évacuation d'un campement de Paris vers quatre villes de la région. « Nous continuons à faire le point quotidiennement avec les services de l’État et l’association chargée des réfugiés. Nous informerons dès que possible la population de la date de disponibilité du gymnase » a-t-on indiqué à la mairie.

Pour consulter l’arrêté préfectoral prolongeant la réquisition du gymnase cliquez-ici

 

Lagny-sur-Marne ► L'accueil des migrants divise les habitants

La réunion publique sur l’arrivée des migrants a rassemblé quelque 260 habitants, mardi 7 juin, dans les salons d’honneur de l’hôtel de ville. Ambiance houleuse, salle divisée en deux : d'un côté il y avait ceux qui n’en veulent pas et de l'autre, ceux qui veulent les aider.

230 lundi, 130 mardi
« Lundi 6 juin, vers 9 heures, environ 230 réfugiés sont arrivés au gymnase Thierry-Rey, réquisitionné par le préfet. Ils viennent d’un campement sur Paris regroupant 1 200 personnes et la préfecture de Région a décidé, pour des raisons sanitaires, de les replacer dans quatre villes d’Ile-de-France : Bezons, Versailles, Cergy-Pontoise et Lagny-sur-Marne. A cette heure, ils ne sont plus que 130 car un certain nombre est reparti sur Paris ou ailleurs » explique Jean-Paul Michel, le maire. 
9 nationalités différentes
Les réfugiés sont issus de 9 nationalités différentes. Ce sont des hommes, de 25 à 35 ans, venant de Somalie, Lybie, Tunisie, du Tchad, Soudan, d’Érythrée, Afghanistan. L’État prendra en charge les coûts, soit l’eau, l’électricité et même les heures supplémentaires du personnel municipal. « Nous n’avons pas choisi cette situation, on la subitMais la Ville a décidé de l’assumer au mieux » martèle le maire. 

« Le maire d’Argenteuil s’est farouchement opposé à l’arrivée de migrants dans sa ville, pourquoi pas vous ? » objecte un habitant. Les applaudissements crépitent, les huées fusent. Jean-Paul Michel réplique que le contexte de la ville d'Argenteuil est différent, qu'il ne fait pas de « politique-spectacle » et qu’il est vain de s’opposer à une réquisition préfectorale. Applaudissements de l’autre camp.

Sylvie, enseignante d’école primaire, se lève pour proposer de leur apprendre le français afin de faciliter leur intégration. « Il y a des gens qui ont proposé spontanément de prendre le linge pour le laver chez eux et le ramener. C’est aussi une solution pour qui veut aider » renchérit-elle. « Et pourquoi pas leur apporter le café le matin ? » ironise un habitant.

Sécurité renforcée
Le gymnase a été requis pour une durée minimum de 15 jours, mais tout dépendra du temps mis par les associations et l’État pour trouver des solutions d’hébergement pérennes. « Mon fils, âgé de 19  ans, a eu peur car un groupe s’est formé devant lui alors qu’il rentrait tard du travail. Hier la mosquée, aujourd’hui les migrants, je trouve que ça fait beaucoup ! » s’exclame une habitante.

Une autre s’inquiète pour sa fille qui se rend au lycée Van-Dongen. « Il y a 130 jeunes hommes qui sont effectivement libres d’aller et venir. Nous avons demandé des rondes supplémentaires au commissaire de police et mobilisé notre police municipale, soit douze agents. De plus, deux agents de sécurité sont en permanence sur le site » tient à rassurer le maire.

"Comment leur venir en aide"
Mandatée par le préfet, l’association la Rose des vents s’est chargée de leur accueil et un médecin leur a été affecté. Des associations caritatives proposent également leur aide. « Est-ce qu’on a une possibilité en tant que citoyen lambda de Lagny d’apporter une aide quelconque à ces personnes ? » interroge un participant.

« Le gros besoin porte sur des couvertures et des vêtements. Vous pouvez les apporter à la mairie. L’Office français de l’immigration et de l’intégration est venu hier les rencontrer et accomplir des démarches avec eux » répond Estelle Butez, directrice du pôle habitat et d’intégration de la Rose des vents.

Sur le risque de tuberculose, Francis Abramovici, médecin, précise que les protections ont été prises mais souligne : « La tuberculose est une maladie des pays pauvres. Le vaccin ne protège pas à 100 %, c'est pour ça qu'il n'est pas obligatoire eu Europe. Il est utile, mais pas suffisant ».

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Lagny-sur-Marne ► Le gymnase Thierry Rey réquisitionné pour 289 migrants

Lundi 6 juin, 289 migrants sont arrivés de la capitale. Ils ont été installés à Lagny-sur-Marne dans le gymnase Thierry Rey réquisitionné par la préfecture.

Hier, 1 300 migrants ont été évacués du site parisien Les Jardins d'Eole. Ils ont été dispersés dans différents autres secteurs.  289 d'entre eux, uniquement des hommes, ont pris la direction de Lagny-sur-Marne où le gymnase Thierry Rey a été réquisitionné pour quinze jours.

Les associations qui utilisent le gymnase tout au long de l'année ont été priées de laisser la place. Aurélie Roumier, de l'association de gymnatique, L'Elan gymnique de Lagny qui regroupe 380 adhérents, ne décolère pas : "C'est normal que nous aidions les gens dans le besoin mais nous avons été mis au pied du mur. La mairie qui fait tout ce qu'elle peut pour nous, nous a prévenus dès qu'elle l'a su, c'est à dire jeudi soir. La municipalité aussi a été mise devant le fait accompli. Quant aux associations qui ont recours au gymnase, elles ont toutes dû annuler leurs activités. Le karaté et la boxe n'ont pas besoin de beaucoup de matériel, ou bien il est assez facilement transportable, donc ils sont pu se rabattre un peu sur d'autres gymnases. Mais nous, à la gym, les installations, qui coûtent cher d'ailleurs (il y en ici pour une centaine de milliers d'euros) ne sont pas mobiles. Par exemple, les agrès ont besoin de fixations solides et d'ancrage au sol".

Entre interrogations et inquiétude
Les Latignatiens ont vu arriver la population de migrants avec inquiétude. Des rapports médicaux feraient état de cas de tuberculose. Par ailleurs, le gymnase ne comporte que huit toilettes et quatre douches. "Quelles vont être les conditions d'hygiène ? Dans quel état va-t-on récupérer le gymnase ? On nous dit quinze jours, mais qu'est-ce qui prouve qu'ils ne vont pas rester plus longtemps ?" Les questions des autochtones fusent et certains confient le sentiment de se sentir lésés : "Nous payons des impôts, nous faisons tout ce qu'il faut pour nos enfants, pour vivre correctement, et là, on subit la réquisition comme une sanction. Mais on suppose que les pouvoirs publics se fichent pas mal de nous ! La preuve ! "

La trésorière de la gym se lamente : "Nous avions plein de projets, par exemple pour le handisport, pour lequel d'ailleurs nous avons déjà reçu des subventions. Qu'est-ce que ça va devenir ? En outre, nous avons des salariés. Si l'association ne fonctionne pas, ils risquent de rester sur la carreau".  

Les services de la mairie ont aidé les associations à déménager leurs affaires au plus vite. "Nous travaillons main dans la main avec la mairie" ajoute encore Aurélie.

De leur côté, les migrants n'ont de cesse que de tenter de retourner à Paris, demandant aux passants le chemin de la gare.

Le courrier de l'association de gymnastique adressé au préfet ici

Mitry-Mory ► La ville accueillera une famille de migrants 

Le conseil municipal de Mitry-Mory s'est réuni jeudi 1er octobre et a voté pour l'accueil d'une famille de migrants dans la ville. Ni la date d'arrivée des réfugiés ni le lieu dans Mitry n'ont encore été déterminés. Il était uniquement question pour le conseil, à la séance de jeudi, d'acter l'accord de principe.

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"A Mitry-Mory, nous avons placé cette année sous le signe de la paix. Nous pensons que la paix passe par l’échange, la connaissance de l’autre, la solidarité et le partage. Au contraire le repli sur soi, l’individualisme et la jalousie ne font qu’augmenter les tensions, les divisions et fracturent chaque jour un peu plus notre tissu social" s'est justifiée le maire, Charlotte Blandiot-Faride.

"Néanmoins, ajoute-elle,  l’Etat ne peut décentraliser son élan de solidarité sur les communes sans y participer financièrement, d’autant que la baisse des dotations précarise toujours plus l’équilibre des exercices budgétaires des villes".

L'édile tente d'attirer l'attention de l’Etat. Le maire souhaiterait une réunion d’urgence en préfecture de Seine-et-marne pour organiser, coordonner et suivre l’accueil de ces familles.

Mitry-Mory, conseil municipal

Politique ► Débat télévisé : Fillon trouve Valls "amolli"

La chaîne France 2 a présenté un débat entre le Premier ministre, Manuel Valls, et l'ancien, François Fillon, dans l'émission "Des paroles et des actes", jeudi 24 septembre. Ce dernier est en pleine promotion de son livre intitulé "Faire".

Chacun dans son camp, polis et bien mis, leur "parler vrai" a permis au téléspectateur de bien comprendre le dialogue.

Manuel Valls a parlé en premier et a martelé qu'il suivait le chef de l'Etat, qu'il n'essayerait jamais de se mettre en avant alors qu'il est premier ministre et fidèle à François Hollande et que donc, il n'était pas question pour lui "d'envisager de se lancer dans la course à la présidentielle"... Il n'a pas dit jusqu'à quand, alors que le spectateur sentait qu'il aurait bien ajouté quelques détails sur l'idée mais s'est retenu avant d'en dire trop.

Manuel Valls et François Fillon avaient chacun leurs notes sous les yeux, les feuilles de route du face à face qui les opposait hier soir et avait des airs de campagne présidentielle. Evidemment, le député de Paris est dans les starting-blocs pour la primaire chez Les Républicains. Il a pointé du doigt la "hollandisation de Valls", ne cachant pas son point de vue sur le fait que le président "a amolli" son Premier ministre qu'on connaissait plus combatif.

Chiffres du chômage, économie, finances, baisse de la fiscalité (NDLA : il paraît que ça marche pour certains Français, tous les autres attendent leur tour avec impatience...), ambition personnelle, le Premier ministre était attendu sur différents terrains et également sur le sort qui pourrait être réservé à Emmanuel Macron. Durée du temps de travail, statut des fonctionnaires... Manuel Valls a dû réaffirmer la position du gouvernement, "continuer de réformer tout en respectant les valeurs" et c'est en effet de façon mécanique qu'il a encore, lors du débat, conservé sa ligne de parole.

Au cours de l'émission, Manuel Valls a souligné la responsabilité d'organiser l'accueil des réfugiés, y compris dans les petites villes. Il a été demandé au Premier ministre : "Comment les réfugiés vont-ils pouvoir s'intégrer avec autant de chômage ?" Et puis : "Pensez-vous que c'est la bonne solution d'imposer cela à des petites villes?" Ce à quoi Manuel Valls a répondu : "Ceux qui ont droit à l'asile auront le droit à un hébergement et pourront travailler (...) "C'est de la responsabilité de l'Etat que d'organiser l'accueil (...) "On ne prend pas aux Français, ou à ceux qui vivent en France, on n'oppose pas. Il n'y a pas cette concurrence des pauvretés", assurant également que la France accueillerait 30 000 migrants, pas plus. La semaine dernière, à la rencontre qui a réuni le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et les maires de France, il était question de 24 000, "pas plus" (voir l'article ici).

 

 

 

Meaux ► Jean-François Copé accepterait 24 réfugiés syriens

Jean-François Copé (LR), maire de Meaux, a annoncé que la ville pourrait accueillir vingt-quatre migrants. C'est en tout cas ce qu'il est ressorti de la réunion de travail à laquelle le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait convié les maires de France prêts à accueillir des réfugiés. La rencontre a eu lieu à la Maison de la chimie à Paris et a rassemblé environ 600 communes.

Jean-François Copé expliquait lors de son point presse de rentrée, lundi 14 septembre : "Il serait possible d'accueillir vingt-quatre réfugiés Syriens. Ces gens-là sont comme vous et moi. Ils sont ingénieurs, médecins et de toutes les professions. Ils sont éduqués et fuient la guerre, comme ça s'est produit pour d'autres, comme au Vietnam dans les années 80. Aujourd'hui, si mille communes accueillent chacune vingt-quatre réfugiés, le compte y est".

L'Etat a en effet prévu d'accueillir 24 000 réfugiés en deux ans.

Cependant, le maire de Meaux reconnaît que "les 1 000 euros que l'Etat prévoirait de donner aux villes par réfugié sont insuffisants".

Pour lui, il faut revoir les accords de Schengen. Emboîtant le pas de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé souhaite un "Schengen 2" qui remanierait les textes en profondeur. (Voir notre précédent article ici)

Samedi, Bernard Cazeneuve a déclaré que la région Ile-de-France allait, dès cette semaine, soulager l'Allemagne d'un millier de réfugiés syriens et irakiens. Ainsi l'Ofpra, (Office français de protection des réfugiés et apatrides) est chargé de procéder à un écrémage et de sélectionner les personnes qui pourront obtenir rapidement le statut de réfugié. "Celles-ci doivent passer le minimum de temps au sein des structures d'accueil provisoires" a précisé le ministre.

La réunion avait principalement pour objectif d'imposer une méthodologie pour l'accueil des réfugiés dans les mois et les années à venir. Le maire de Paris, Anne Hidalgo, a indiqué, d'après différents médias : "En une semaine, notre pays est passé d'un refus massif de l'accueil des réfugiés, nous disait-on dans les sondages, à une majorité de Français qui soutiennent le mouvement d'accueil des réfugiés. Une semaine pour balayer ce que l'on nous disait sur le caractère étriqué de la société française qui aurait peur de tout, peur d'elle-même, peur de l'étranger, peur de la différence. Une semaine ! (...) Lorsqu'on renonce effectivement à porter nos convictions dans le débat politique public, effectivement, nous laissons la place à ce que certains appellent la "lepénisation des esprits".

Selon l'Office international des migrations, le nombre de personnes qui ont traversé la Méditerranée depuis le mois de janvier s'élève à quatre cent trente mille. En Europe, tandis que certains pays accueillent, d'autres ferment les frontières et érigent des clôtures.

De l'autre côté de la mer, près des côtes africaines, des centaines de milliers d'autres attendraient leur départ vers l'Europe.

Migrants ► Sarkozy pour un "véritable statut provisoire de réfugié de guerre"

L'annonce a été reprise dans les médias nationaux : Nicolas Sarkozy, l'ancien chef de l'Etat, président du groupe des Républicains, voudrait un "Schengen 2", un peu comme un espace 2.0 quand on fait une mise à jour en informatique. Les accords de Schengen seraient donc déjà obsolètes ? Ainsi, tandis que la France se prépare à accueillir 24 000 réfugiés syriens, l'ancien président souhaite voir évoluer les statuts de réfugié. Comme il l'a indiqué dans une interview dévoilée par l'AFP, mercredi 9 septembre, il y verrait d'un côté "les migrants économiques que la France n'a les moyens d'accueillir que de façon très limitée", d'un autre côté "les réfugiés politiques que nous avons toujours accueillis au nom de notre tradition humaniste qu'il serait inacceptable de modifier" et enfin dans un troisième volet, "les réfugiés de guerre, obligés de fuir provisoirement leur pays en voie de désintégration et, comme c'est le cas pour l'Irak ou la Syrie, que nous devons accueillir pour la seule période des conflits et qui ont donc vocation à rentrer chez eux une fois la paix rétablie."

Désintégration, c'est le mot qu'il a également employé pour alerter sur l'état de la société française qui, selon lui, manquerait d'une politique migratoire qui distingue les trois catégories : "migrants économiques", "réfugiés politique" et "réfugiés de guerre".

L'ancien chef de l'Etat a prévu l'organisation. Dans une version Schengen 2, il envisagerait de "créer des centres de rétention dans les pays périphériques à l'espace Schengen afin d'instruire les demandes d'entrées en Europe" au titre de l'un ou l'autre des statuts, autrement dit de faire un tri avant de laisser entrer les migrants en Europe.

Il ajoute : "Si nous n'y prenons garde, les risques de désintégration de la société française grandiront jusqu'à devenir inévitables. Il sera alors trop tard pour verser des larmes de crocodile sur une situation que par lâcheté on a refusé d'affronter".

Pour l'urgence, l'ancien président préconise une réunion entre "l'Union européenne et nos voisins de la Méditerranée pour préparer un accord multilatéral sur l'immigration". Faudrait-il demander à la Syrie son accord pour accueillir ces réfugiés ?

Nicolas Sarkozy parle également de refonder la politique européenne sur l'immigration, tout en estimant qu'un "Schengen 2" devrait laisser le principe intangible de "la liberté de circulation des Européens".

Pour lui, les 24 000 migrants qui vont venir en France devraient ainsi avoir le statut provisoire de "réfugiés de guerre".

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